mardi 26 août 2008

Mardi 26 août, Dawson – Eagle Plains [Demptser Hwy]

  • Regarder les dernières photos de la Dempster Hwy en diaporama et en full screen, sinon ça ne rend pas bien les paysages et le couleurs. Pour y accéder facilement, faire un diaporama dans Picasa, sur la première diapo puis revenir en arrière une par une. Appuyer sur la touche F11 pour un full screen. Enjoy!

Dawson est bien jolie, mais je ne vais pas rester toute la journée à poireauter ici, il y a mieux à faire dans le Yukon : il y a la Dempster Hwy, route mythique qui relie Dawson City à Inuvik dans l’arctique canadien. 736 km à travers la taïga des Yukon Territories et des Northern Territories. Route est d’ailleurs un bien grand mot, il s’agit plutôt d’un piste de terre battue construite de telle manière à être isolée du permafrost faute de quoi elle serait engloutie dans la terre en une saison. Rien qu’un ruban de terre au milieu du néant. Une route pure en quelque sorte. De quoi faire rêver. De quoi oublier aussi qu’il n’est sans doute pas très raisonnable de faire de faire 750km de piste à travers la taïga, sur laquelle l’hiver arrive à grand pas, avec un véhicule de ville et de surcroit avec un pneu rafistolé. Température prévue demain matin à Eagle Plains, à mis parcourt de la Demptser : -2C°... Mais l’appel du large est le plus fort, si je ne la fais pas aujourd’hui cette fichue route, je ne la ferais vraisemblablement jamais. La décision n’est pas donc pas si difficile et on paiera ce qu’il faut s’il le faut.

Les paysages sur les 250 premiers kilomètres sont tout simplement époustouflant de beauté sauvage. L'expression "jaw dropping" convient très bien. Mes calculs pour arriver pendant la période de l’été indien s'avèrent bon, les couleurs sont effectivement au rendez-vous. Les arbres feuillus prennent des teintes jaune-orange pétantes. Les buissons eux sont carrément rouge rouille. Au North Fork Pass (1300 m) la neige tombe et un peu plus haut elle saupoudre les flancs des montagnes. Par endroit, la nature est carrément oppressante de grandeur, on espère qu’elle va nous tolérer. J'espère que la petite bulle d'air tiède que constitue ma voiture va tenir le coup. Toutes les demie-heures je croise une voiture et à un rythme un peu plus soutenu, des véritables road-trains roulant à tombeau ouvert sur la Dempster. Evidemment, eux ils ont 50 pneus, ils peuvent se permettre d’en faire exploser un ou deux sur le trajet, quant à moi, il me faut tous les 4... Lorsque ces monstres toulant s’approchent, ils envoient une pluie de gravier et de cailloux sur le pare-brise qui crépite de manière inquiétante. Bon, si cette bagnole tient le coup et fait l’aller retour sans dommage il faudra que je fête ça. Peu de véhicules de ville circulent ici, bien que la dame, de l’agence d’accueil de la Dempster Hwy m’ai confirmé qu’un 4x4 n’était pas nécessaire. Je croise toutefois quelques autres téméraires en court de route et ça me rassure un peu. En réalité, la plus grande partie des 370 bornes jusqu’à Eagle Plain sont très bien maintenues. Mais à quelques endroits j’ai quand même des frayeurs. La route se transforme en piscine de boue. Surtout ne pas s’arrêter, sinon je ne sais pas si je pourrai repartir. J’accélère pour passer à travers les marres de boue et apprend à glisser pour essayer de rester dans les traces de la piste qui ne soient pas trop hyper-boueuses. La voiture est noire de saleté, je ne sais même plus de quelle couleur elle est à l’origine. Pour ouvrir et fermer les portes je prend un mouchoir tellement c’est sale. Faudra que je m’achète un de ces T-shirt vu à Dawson arborant «You are damn right I’m dirty ! I did the Demptser !»

Arrivé à Eagle Plains qui ressemble d’avantage à une station lunaire qu’à une bled, il me faut un peu de courage pour monter la tente sachant les frimas avenir mais le prix des chambres facilite quand même la décision... En plus, comme ça je serai fixé sur l’efficacité de mon sac de couchage Décathlon, garanti grand confort jusqu’à 0°C et moyen confort jusqu’à -5°C.

Et oui, dans ce trou perdu au milieu d'un océan de sapins il y a un WiFi gratuit :-)




Agrandir le plan

lundi 25 août 2008

Lundi 25 août, Chicken [Alaska] - Dawson [Canada, Yukon Territories]


Pour le pneu ça n’a pas l’air trop grave, en tout cas c’est réparable. Pour 10$. Soulagé (temporairement) je lui en donne 20! L’opération je l'avoue est assez spectaculaire. Après avoir repéré la fuite, le mec enfonce carrément un poinçon dans le pneu et agrandit le trou par lequel il fait passer un mince ruban de caoutchouc imbibé d’un liquide gluant. Il retire ensuite ce ruban à l’extérieur du pneu puis cisaille le morceau restant pour lisser la surface… Visiblement il n'en n'est pas à son coup d'essai. Bon, est ce que ça va tenir jusqu’à Dawson ? « I hope so ! » me répond le bonhomme. Et comment est la route ? « It is terrible, with lots of rocks ! » Voilà qui est rassurant. Enfin, je vais quand même pas rester coincé à Chicken Alaska, ça serait vraiment trop ridicule. Le trajet jusqu’à Dawson fait 110 miles. Avec des précautions infinies je m’engage sur la route qui jusqu’à la frontière canadienne est une vraie râpe à pneu. L’horreur. Stress en essayant d’éviter chaque petit caillou. C’est bien entendu impossible. Alors, après 30 miles j’y vais franco, sinon il me faudra une semaine… Météo exécrable, la pluie tombe et vers le col à la frontière USA-Canada se transforme en neige mouillée. Passé la frontière on remarque qu’on change de pays à quelques détails infimes. Un pays peut-être un peu plus civilisé. Première surprise, toutes les panneaux d’affichage sont bilingues, français anglais ! Ensuite les unités sont métriques avec des bons vieux kilomètres comme chez nous. La carte du GPS est enfin correcte et la route sur la carte ne passe pas 500 mètres à côté de la réalité comme en Alaska. Enfin, la route est véritablement entretenu et même sur de longs segments elle est asphaltée. Quel soulagement ! Me voilà sur la Top of The World Hwy, ainsi nommée car elle emprunte littéralement la crête des montagnes. Paysage de grosses collines de spruce trees et de feuillus qui se parent des couleurs automnales (rouge-vert-jaune). Une grande partie du trajet, je ne verrai rien car il y a du brouillard, espérons qu’au retour la visibilité sera meilleure. Pour arriver à Dawson, il faut emprunté un ferry antédiluvien et… gratuit ! Aujourd’hui il me faut une douche car les mouches commencent à me tourner autour… Je descends au Downtown Hôlel. Une douche et c’est reparti pour aller à la découverte de Dawson, baptisée dans les années 1900 de Paris du Nord. Et pour cause, c’était le centre névralgique de toute la ruée vers l’or, pendant 2 ans. Des photos d’époque montre les rues noires de monde. Mais Dawson, c’est avant tout une vraie ville, avec un vrai centre et des vraies maisons l’une à côté de l’autre et non pas séparées par 3 kilomètres de taïga comme dans les bleds alaskiens. De plus, quasiment toutes les habitations sont d’époque, avec leur look western traditionnel. La cabane de Jack London a été reconstituée avec les rondins authentiques de son habitation. Je me renseigne à l’office du tourisme sur ce qu’il y a à faire à Dawson car mon guide LP de l’Alaska ne dit rien sur ce lieu. L’autre question c’est qu’en est-il de la fameuse Dempster Hwy (merci Hugues !) On peut la faire en 2WD me fit la dame faut juste avoir des pneus en bon état… Ben, voyons. J’ai pas encore pris de décision, mais l’envie d’aller jusqu’au cercle polaire, à 400 km d’ici, me titille bien. On verra avec la météo.

Les caribous qui traverses par dizaines de milliers la route on effectué cette année la migration avec un mois et demi d'avance, car il fait très froid, m'informe la dame de l'agence d'info de la Dempster Hwy. Qui a dit que le climat n'est pas détraqué ?


Agrandir le plan

dimanche 24 août 2008

Dimanche 24 août 2008, Glennalen – Tok - Chicken


Bon, me voilà un peu stressé ce soir. Arrivé, une fois de plus, au bout du bout du monde dans une bourgade joliment nommée : Chicken, située à mis chemin entre Tok en Alaska et Dawson au Canada dans les Yukon Territories. Le soucy, c’est que l’un des pneus de ma voiture donne de sérieux signes de faiblesse… Par chance une âme charitable m’en a averti. Par chance et par opportunisme aussi, toutes ces routes comptent leur lot de réparateur de pneus ! Comme quoi, le malheur des uns... c'est l'une des facettes du capitalisme. Cela dit, pour le coup le capitalisme fait quand même bien les choses... Bon, donc va falloir réparer ça, sinon je ne verrais pas Dawson. Comme la Taylor Hwy et la Top of the World Hwy qui mènent à Dawson sont vraisemblablement (j’en suis pas sûr) sur la blacklist des routes interdites par Hertz, j’en serai pour ma pomme pour réparer ce fichu pneu… « Hey man, that’s part of the country ! » me lance le gars de la lodge en guise de consolation…

Celà dit, pour ce prix, j’ai quand même vu des paysages absolument bluffants. Des plaines de dizaines de kilomètres de profonds avec des 4000 en arrière plan. (Mt Sanford et Mt Blackburn) La totale ! Je m’arrête évidemment à tous les scenics spots. Je prends aussi la petit route/piste (c’est peut-être là que le pneu à rendu l’âme…) nommé Nabesna road, joliment décrite dans le Lonely Planet comme l’une des routes les plus isolée de l’Alaska. En effet, je confirme. Après une trentaine de miles, je suis contraint de m’arrêter, comme le ranger de la station d’entrée du parc m’en avait prévenu, car une puissant rivière traverse la route. Bon, je vais pas jouer les kamikazes quand même pour faire quelques jolies photos.

A la radio, rien ne passe, hormis une station religieuse. La vacuité du prêche me fait presque regretter le talk show ultra-libéral de l’ami Dan Vegan, au moins lui il a des idées…

Concernant la météo, ce qui est surprenant dans ce pays, c’est que le ciel peut parfaitement être couvert et la visibilité sous cette chape grise être excellente. Ce qui permet de jolies photos à condition de bien doser le contraste et la saturation des couleurs.

La route entre Tok et Chicken passe au milieu de forêts calcinées par des incendies récents. Le paysage est lugubre, mais les incendies font partie du cycle naturel ici et permettent à la forêt de se régénérer.

Bon, cette histoire de pneu me chiffonne, d’autant plus que pour la Dempster Hwy au nord de Dawson, ça semble assez compromis dans ces conditions. Rude pays quand même… Quand c’est pas les ours qui risquent de vous bouffer, c’est les pneus qui risque d’exploser.




Agrandir le plan