lundi 1 septembre 2008

Lundi 1er septembre, Gracious House Lodge [Denali Hwy] – Denali National Park


Scrambled eggs, wheat toasts, hash browns, sausage, coffee and orange juice” voilà de quoi commencer la journée. Dans quelques jours je crois que j’aurai bien du mal à me remettre au café-croissant ou aux céréales !

Étant à cours de superlatifs, j’ai du mal à décrire les 60 derniers miles de la Denali Hwy. Vues sur l’Alaska Range par dessus une toundra multicolore parsemées de lacs et de rivières, que dire de plus ? Au détour d’un virage, telle une apparition fantasmatique, le Big One (nickname pour le Mt Mckinley) surgit par dessus la taïga.

Dernières emplettes avant l’expédition en autonomie totale ces 3 prochains jours (eau, café, snickers et clochettes pour effrayer les grizzlis, enfin j’espère...) dans le Denali National Park. Passage au Visitor Center pour récupérer toute l’info sur l’état des campings, sur les shuttles bus et la visibilité de la faune. Accueil jovial et très « boy scout ». Balade dans la taïga colorée toute l’après-midi.

Ces prochains jours pas d’infos, car pas de WiFi, pas de PC. Rien que the Great Wilderness. Rdv vendredi ou samedi à Anchorage pour quelques réflexion de conclusion de ce petit périple dans le Grand Nord de l'Amérique.



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dimanche 31 août 2008

Dimanche 31 août, Gracious House Lodges [Denali Hwy]


Il me reste deux jours avant la dernière aventure : camping pour 3 jours au Wonderlake dans le parc Denali. Je pourrais faire un saut jusqu’à Fairbanks, mais tout le monde me dit qu’il n’y a pas grand chose à y voir. Même le Lonely Planet, qui d’ordinaire n’est pas trop exigent en matière d’unité architecturale, décrit la ville et son centre comme un dépotoir. Non, la seule raison d’aller à Fairbanks serait d’aller voir les aurores boréales qui commencent à être visibles à cette saison. Mais faire quelques centaine de miles de voiture pour voir un événement improbable dans une ville que tout le monde s’accorde à décrire comme inintéressante ne me dit rien qui vaille. Ici, au milieu de la Denali Hwy, le paysage est en cinémascope, la météo n’est pas trop mauvaise même si la belle lumière d’hier a disparue, et il y a plein de sentiers avec une densité modérée d’ours au mètre carré. Je décide donc de rester dans les parages. Je passe la matinée au bord d’un petit lac de montagne ou de nombreux alaskiens se rendent, pétaradant en scooter 4x4, l'étui à carabine à l'arrière de l'engin pour aller à la chasse (moose) et/ou la pêche qui sont réputées excellentee ici.

Au bord du lac, je termine le livre de Lee Smolin sur la théorie des cordes où il conclu sur son interprétation sociologique de l’incapacité de la communauté des physiciens actuels à sélectionner les véritables visionnaires qui sauront sortir la physique de l'ornière Maintes remarques de Smolin sur la nécessité pour les jeunes physiciens de publier des articles dans des domaines qui ne les intéressent même, dans le seul objectif de se faire repérer par les mandarins en place, me rappellent ma propre expériences ainsi que l’atmosphère de cour servile qui régnait parfois à Princeton autour des leader comme d’Eliot Lieb et Ed Witten à l’IAS. Il fustige l'excès d'importance attribuée à la virtuosité technique au détriment de la capacité à réfléchir, sur le long terme, aux vraies questions de fonds, sur la cohérence d’une théorie ou sur les fondements de la physique à savoir la nature même du temps de l’espace et de la matière. Smolin disserte longtemps sur la distinction entre les artisans et les visionnaires. Le propos est intéressant mais mériterait selon moi une pensée un peu mieux organisée et moins de bavardage décousu. J'espère que sa physique est plus rigoureuse que sa prose.

samedi 30 août 2008

Samedi 30 août, Paxson – Gracious House Lodge [Denali Hwy]

  • 2 posts aujourd'hui. vendredi 29 : Tok - Paxson et samedi 30 : Paxson - Gracious House Lodge [Denali Hwy]

Ciel limpide et tente givrée ce matin, le sac de couchage arrive à ses limites, le moindre filet d’air qui rentre et on gèle, mais en fermant toutes les coutures ça reste confortable.

Avant d’atteindre l’auberge de Paxson pour le petit déjeuner je dois patienter à l’entrée sur la Richardson Hwy, toujours pour les mêmes travaux. Le chauffeur d’une camionnette de chantier s’arrête pour bavarder. Il vit en Alaska et est d’origine néo-zélandaise. Jovial, il me charrie avec l’histoire du Rainbow Warrior lorsque je lui dis que je suis français...

Après avoir pris le petit déjeuner et fait le plein, je me lance à l’assaut de la Denali Hwy qui coupe d’est en ouest le centre de l’Alaska à travers l’Alaska Range. En fait il s’agit d’un piste qui était l’ancien accès au parc national Denali avant que ne soit construite la Georges Parks Hwy, moderne et asphaltée qui relie Anchorage à Fairbanks. La route est un émerveillement permanent, les vues sur les 3 chaînes de montagnes du centre de l’Alaska se succèdent et c’est un supplice pour le photographe qui cherche le meilleur point de vue. La route est située pour l’essentiel en dessus de la limite des arbres et offres des vues très dégagées sur les plaines, les rivières et les montagnes. Ces paysages correspondent en fait exactement à ce que je souhaitais voir, mais je ne m’était pas imaginé que l’Alaska soit aussi chatoyant en couleurs. L’après-midi il fait chaud, bien au dessus de 20°C et ça fait du bien, sauf qu’il y a aussi des moustiques. Le contraste avec le matin est saisissant, il y a sans doute 25°C d’amplitude thermique. Je roule très lentement, autant pour ménager ma monture que pour tenter d’absorber au maximum cet enchantement d’espace et de couleurs. Halte à la Gracious House Lodge pour monter la tente. L’endroit mérite bien son nom et correspond à l’image qu’on se fait d’un auberge au fin fond de l’Alaska. Je passe le reste de l’après-midi à lire Lee Smolin sur les hauteurs de la rivière Susitna (environ 4 fois aussi large que la Seine) d’ou le panorama invite à la méditation. J’ai d’ailleurs du mal à me concentrer sur la lecture tant le paysage est prenant, le silence est lui aussi énorme, entrecoupé seulement du feulement des gros 4x4 des excités de la gâchette qui viennent passer ici leur week-end.




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